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FORT BOYARD

Projeté dès la construction de Rochefort au XVIIe siècle, Fort Boyard ne s'élèvera au-dessus des flots que bien péniblement, après un chantier à péripéties qui prendra une bonne partie du XIXe siècle.

Trop tard pour remplir la mission qui lui avait été confiée : défendre la rade de Rochefort contre les Anglais.

Vente : « Fort Boyard, sis en mer, entre les îles d'Aix et d'Oléron...». Sur l'avis de vente aux enchères du 28 mai 1962 (15 heures), le Service des Domaines du ministère des Finances avait l'honnêteté de préciser aux futurs acquéreurs les quelques handicaps du bâtiment dont l'État souhaitait se débarrasser : « Havre d'accostage détruit - sans aucun équipement, élément de confort ou mobilier - l'ouvrage est construit sur un banc de sable qui découvre seulement aux fortes marées : l'enrochement du Fort est artificiel. Il n'existe pas de terrain autre que la cour intérieure »...

 

«Artificiel », le mot est juste car, au départ, il n'y avait effectivement qu'un banc de sable et pas l'ombre d'un rocher pour y accrocher le fort si nécessaire à la protection de la rade où l'on armait les vaisseaux construits à l'arsenal de Rochefort. Entre les canons des forts des îles d'Aix et d'Oléron, les vaisseaux ennemis ont toute la place pour venir faire du dégât. Dès la construction de Rochefort donc, dans les années 1660, on sonde le passage et on repère ce haut fond où il serait possible de construire un fort capable de protéger la rade de toute incursion. Mais les moyens manquent et il faudra, un siècle plus tard, le sac de l'île d'Aix par les Anglais, à la fin de la Guerre de Sept ans, pour qu'un premier vrai projet voie le jour : un fort rectangulaire, armé sur trois côtés. Coût : 4 millions de livres. Trop cher...

 

En 1801, profitant d'une courte trêve dans la guerre qui oppose la France à l'Angleterre depuis déjà 9 ans, Bonaparte 1er consul approuve un nouveau projet, pour lequel on construit dès 1803 un camp de base sur l'île d'Oléron. Le 11 mai 1804, on pose un premier bloc de 7 m³ surmonté d'une balise en fer , aussitôt entouré d'un premier enrochement. Mais les navires manquent, la France en a si peu, et ils sont si lourdement chargés que l'un d'eux coule lors d'un transport avec 6 hommes à bord . Pour protéger le chantier : un seul navire de guerre, le brick « Polaski » . Ce qui force à tout arrêter dès qu'une escadre anglaise pointe le nez. L'hiver venu, malgré ces petits moyens, environ 11 000 m³ de roches ont été déversés sur le site. Fin 1805, 26 000 m³ sont déjà en place, grâce à des moyens renforcés, et on construit même un premier mur pour tester la force des vagues. Test négatif, les tempêtes de l'hiver renversent tout. Encore 16 000 m³ en 1806, la plateforme est désormais visible à marée basse et on tente une première assise avec des blocs de 3 m³... emportés par les tempêtes de l'hiver suivant. Moyens encore renforcés en 1807 : au moins 600 ouvriers, 27 navires et des blocs de 10 m³ cette fois pour une nouvelle assise, des joints et plus tard même, des « forts crampons de fer » sur le pourtour. Mais, la masse de rochers est si lourde (60 000 m³) qu'elle s'enfonce et après l'hiver, plus d'assise...


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